09.08.2006
C'est parti
Ca y est... c'est parti, je déménage... Donc, vous me retrouverez là-bas... Le temps que je trouve comment récupérer mes vieux cartons, ils resteront par là...
Allez, vous viendrez !
18:20 Publié dans histoires au présent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.08.2006
famille, je vous aime !
Drôle de séjour que celui-ci... Les joies de le recomposition familiale !
Depuis 5 ans j'emmène, Mélanie, ma frangine en vacances. C'est ma p'tite (19 ans de moins que moi et 3 de plus que Primo), demie (nous n'avons que notre père en commun) soeur, bien qu'elle chausse du 43 ! Nous n'avons jamais habité ensemble, et notre relation s'est construite au cours de ces vacances passées ensemble... D
Cette fois-ci nous arrivions de Montpellier. Elle était arrivée en avion, nous en voiture via la Bourgogne, Valence puis les Cévennes. Nous ne retrouvions chez des cousins (J'en ferait une future note... car le séjour était lui aussi épique !), puis calés à 5 dans la Saxo, en route pour Royan avec escale à Bordeaux... imposée par la canicule... 5 dans une petite voiture verte foncée sans clim... C'est quelque peu éprouvant !
A Bordeaux, nous retrouvions Sabine, la grand-mère de mes fistons : mon ex-belle-mère donc, même si nous n'avons jamais subi les tensions typiques à ce type de relation... D'autant moins que nous sommes ex, maintenant ! Elle est venue avec nous, parce que si la canicule est horrible partout, elle est pire à Bordeaux ! Une journée à la mer lui semblait réjouissante, en route alors !
Mon portable sonne : Ah, c'est Georges, le grand-père de mes gamins... Donc l'ex-mari de mon ex-belle-mère. Ou le père de mon ex ! Il voudrait savoir quand il pourrait nous rendre visite à Royan. Depuis 4 ans, il vient nous voir en vacances... Faut dire qu'il a un temps été en froid avec ses propres enfants... Parce que sa maîtresse a eu la bonne idée de lui faire un môme dans le dos. Ce garçon a 9 mois de moins que Tertio... Moi, un peu plus distante, trouvait dommage que ce petit gars ne connaisse pas sa famille, et que mes petits gars ne voient plus leur grand-père. Donc depuis, chaque année, il vient nous rendre visite... Sans ça gonzesse cette fois-ci, et tant mieux, car c'est vraiment la reine des courges ! Et elle n'est même pas canon en plus !
Donc Sabine, mon ex-belle-mère est repartie puisqu'elle ne souhaitait pas rencontrer son ex-mari...
Le soir même arrivait mon père. Lui non plus, je ne trouve pas le temps de le voir à Paris. Et je fais quelques efforts lorsqu'il vient en vacances... parce qu'il est alcoolo, et que ce n'est pas très drôle. A vrai dire, s'il ne venait pas en vacances avec moi, je ne sais plus trop où il irait. Mais ça c'était tellement mal passé l'année dernière... que je n'étais pas convaincue.. du bienfait de son séjour cette année. Il a sû rester clean toute la semaine... Comme quoi ! Il faut toujours essayer !
Alors Sabine est revenue. Pour nous voir, se baigner et voir mon père... Après tout, ils sont tous deux célibataires... Magguy, la mère de ma frangine a mis les voiles il y a cinq : l'alcoolisme au quotidien, c'est encore plus dur qu'à distance...
Sous mes yeux (et oreilles attendries) Sabine l'a donc convié quelques jours à Bordeaux, et s'en est repartie... Mais rassurez vous, elle ne quitte pas définitivement la scène, vous la reverrez en dernière partie !
Ensuite, c'est Primo qui s'est envolé : Royan-Angoulême, Angoulême-Paris, Paris-Athènes, Athènes-Thessalonique par rail puis air... Ca faisait un drôle de grand voyage pour un p'tit gars de 14 ans... Sa maman était tout attendrie sur le quai du départ... Je me suis souvenue de son premier jour d'école... On veut qu'ils grandissent, mais ça fait une grosse boule dans la gorge quand ils s'en vont ! La magie de la technologie moderne nous a permis de converser gaiement dans toutes les salles d'attente des divers aéroports... Ca rassure, ya rien à dire !
Ensuite, c'est mon père qui s'est fait la malle, par bateau, lui... Traversée de la Gironde pour rejoindre Bordeaux en traversant le Médoc.
Mais la maison accueillait un nouvel arrivant le soir même, puisque mon amoureux nous rejoignait le temps du week-end...
Je cherchais les clefs de la voiture pour le raccompagner à la gare quand ma cousine Maud fait son entrée avec sa marmaille. Je ne suis pas sûre de bien m'entendre avec elle... D'autant que c'est elle qui a hérité de cette maison qui aurait dû me revenir un jour... Non, je plaisante... mais pas tant que ça !
Le lendemain sur la plage : bip bip fait mon portable : « On arrive ce soir entre 8 et 9. » Ca, c'est ma mère et son mec. Ils ne devaient arriver que le surledemain : « Super, on vous attend ! » Alors, je rappelleSabine pour lui dire que ma mère est là pour deux jours, si elle veut la voir, c'est le moment...
Le lendemain, c'est le bouquet final :
A 13h00 : arrivée de Magguy, qui vient récupérer Mélanie, ma p'tite soeur, elle partent le lendemain pour les Alpes. Elle n'est venue qu'une seule fois dans cette maison. Lorsque nos enfants respectifs étaient plus petits, j'avais du mal à passer du temps avec elle car elle avait peur de tout. Ma petite soeur était surprotégée, à mon sens, et je n'arrivais pas à être naturelle avec mes enfants devant elle, parce que je les laissais faire des choses « dangereux »... Genre descendre au square au bout de la rue sans pansement, ni kleenex dans mon sac... Depuis, nos enfants ont grandi... Les relations se sont améliorées, et nous nous sommes toutes deux entraidées vis à vis de l'alcoolisme de mon père... Bref, j'étais ravie de la voir !
A 13h30 : arrivée de Sabine.
A 14h00, on se met à table... Les discussions vont bon train, mes deux ex- ne se sont vues qu'une seule fois, il y a quatorze ans à la naissance de mon premier fils. Ca me fait plaisir de les voir réunies. Magguy me demande en aparté si je sais où est mon père. « Non... », mais Mélanie renchérit : « Il doit être rentré, sinon, il serait revenu avec Sabine», froncement du sourcil droit de Magguy, elle se tourne vers moi... « Ben, oui, il est parti à Bordeaux chez elle... mais de toute évidence, il n'est pas avec elle ! »... Ploum, ploum, ploum : un ange passe, et on parle d'autre chose !
A la fin du repas, ma cousine Maud se sent peut-être un peu envahie, elle quitte la table au moment du café... Erreur ! Car qui débarque à l'improviste...
Ma tante, la mère de Maud avec une copine... Ma tante est folle. Pas complètement folle, elle n'a jamais été internée... Mais elle est folle quand même. Disons qu'elle n'a absolument aucune notion de ce que peuvent être des relations aimables entre personnes. La dernière fois que j'ai fait attention à ce qu'elle me disait, j'avais treize ans. Blanche comme on peut l'être un 3 juillet après une année cachée derrière ses cols roulés, à l'aise dans mon corps comme on peut l'être à 13 ans, je débarque sur la plage. Elle y est, je m'approche souriante pour lui dire bonjour. Elle me regarde, me scrute et me jette : « Oh, comme tu es blanche, si j'avais eu une enfant blanche comme toi, je l'aurais tuée à la naissance ! ». Depuis ce jour, je suis blindée, tout ce qu'elle me dit me passe au-dessus de la tête, et je l'oublie immédiatement. Il en est de même, je pense pour tous ceux qui la connaissent.
La voilà donc : « Bonjour, Maud n'est pas là ? » Un froid envahit la table... Tout ceux qui la connaissent : ma mère, son copain et moi ne sommes pas ravis de la voir, et on doit tellement pas être ravis que cela se transmet aux autres. Je fais les présentations : « Sabine, la grand-mère de mes garçons. » Elle traduit à sa copine : « C'est la grand-mère des trois monstres. », Sabine ne répond rien, mais je la vois sourciller. Je sens la tension par contre chez Magguy... Faut dire qu'elle est psy de sa profession. J'espère qu'elle va remettre, qu'elle va se souvenir... parce que ma tante, j'en ai déjà parlé avec elle, ou elle a dû en parler avec mon père, je suis prête à lui coller un coup de coude dans les côtes, mais trop tard. Elle s'approche pour la saluer, je poursuis les présentations : « Magguy, la mère de Mélanie ma petite soeur... » Et la tante commente : « Oui, parce que le père de Marine a eu un autre bébé avec cette dame... » Moi, j'essaye de détendre l'atmosphère, parce que je vous promets que tout ceci est très très tendu... « Le bébé, il a bien grandi... » Au bout du jardin, ma frangine, qui je vous le rappelle chausse du 43, que cela ne se remarque même pas parce qu'elle est toute grande aussi, bouquine tranquillement. Je la pointe du doigt, et j'entends dans mon dos : « Tu vois, c'est la mère du monstre là-bas... » Malgré moi, mon sourire se crispe... Magguy, me touche le bras : « Elle a bien dit le monstre ? »... Je ne sais quoi faire pour éviter le coup de boule -On n'est pas sur un terrain de foot les filles, faites un effort, merde !-... Je la regarde implorante... J'ajoute : « C'est drôle, j'ai deux ex-belle-mère aujourd'hui ! », à vrai dire j'aurai mieux fait de me taire, elle n'est vraiment pas drôle, celle-là. Mais ça semble marcher, l'atmosphère se détend un instant, les présentations continuent, ma mère se présente comme mère de Marine, et la tante explique : « La première femme de mon beau-frère, oh, mais il y a tout son harem alors ! » Là, Magguy ne peut se retenir : « Non, un harem, c'est toutes en même temps jusqu'à nouvel ordre... » Oh, elle n'a pas l'air contente Magguy ! Et je commence à sentir le rire poindre au fond de moi : je m'interroge sur l'issue du voyage de mon père chez Sabine à Bordeaux... Se l'est-il faite?
Survient alors Maud ma cousine, elle embrasse sa mère, aussi désagréablement surprise que nous de cette visite, et annonce qu'elle part en ville à Royan... Je rends mon tablier, si elle quitte si facilement la scène, moi aussi, je m'enfuis dans la cuisine chercher un autre tablier et me mettre à la vaisselle... Chacun sa famille, la mienne est assez complexe comme cela, je n'ai pas envie d'assumer celle des autres !
Petit à petit tout le monde rejoint la cuisine... La tante et sa cops doivent être seules au fond du jardin. Nous décidons de quitter le bateau pour aller à la plage...
Sur le chemin, j'éclate de rire, expliquant à Magguy, que sa prévisible réaction était assez comique... Elle s'excuse, mais les psychopathes, elle ne les supporte pas en dehors de son bureau ! C'est un peu le problème des psys, en général... Ils diagnostiquent tellement vite, qu'ils ne prennent pas le temps de laisser couler...
Ma mère, trouvera quant-à elle, que c'est triste... Je lui suggère de retourner à la maison poursuivre la conversation si le coeur lui en dit... Mais sans moi, ça c'est sûr !
Le lendemain, tous reprendront la route : Mélanie et Magguy à 8h30, Sabine et mes rejetons à 10h00, moi à 11h00, ma mère et son copain à 13h00... Maud pourra profiter calmement de la maison avec ses zoulous à elle...
Et moi qui aime la solitude dans cette maison... J'y retournerai l'année prochaine ! Pour voir !
21:15 Publié dans histoires au présent | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.08.2006
à la plage, j'y étais
Je reviens de cette maison construite par mes grands-parents dans les fastes années des décennies d'après-guerre. En Charente souhaitait mon grand-père originaire de la région, Maritime ajouta ma grand-mère projettant sa progéniture sur le sable et dans les vagues.
Souvenirs d'enfance : sauter sur le trampoline du Gym Boum Club, tourner en rond inlassablement sur ce que nous appelions le rond-point, qui n'a jamais été qu'une impasse ayant le bon goût d'être circulaire, sur nos petits vélos transformés en mobylettes grâce à l'ingénuosité de notre voisin : un bout de carton, une pince à linge et le tour était joué, ramasser des mûres au mois de septembre (et oui, je suis vieille et quand j'étais petite nous ne reprenions l'école que le 15 septembre, ah, le bon temps !) au bord des sentiers conduisant à l'océan, apprendre à ne pas zozzoter à l'heure du café en répétant après ma grand-mère à l'ombre des pins et chênes-lièges : "les chaussettes de l'archiduchesse...", manger un chichi le soir après le dîner et marcher sur le sable, à chaque fois étonnée par son contact froid procurrant des sensations si différentes de celles éprouvées l'après-midi sous le soleil exactement.
Ma jeune adolescence aussi : lire les "Lisette", journal des années cinquante à destination des jeunes filles de bonne famille de l'époque, mon premier joint dans la tente de copains rencontrés sur la plage ou au bal du quatorze juillet (je ne me souviens plus trop), suivi de près par mon premier retour au milieu de la nuit avec inspection de mon état général par ma mère dans une salle de bain, qui brillait des mille feux déversés par une ampoule 60 Watts, et l'impétueuse envie d'aller me coucher au plus vite, aucunement celle de lui résumer d'une voix pâteuse, sur des jambes tremblantes, les yeux injectés de sang, le déroulement de ma soirée (ça je m'en souviens très bien), les hésitations face à mon corps en transformation sur la plage : avec ou sans haut ?, les plaisirs de la voile : en optimiste, 420, catamaran ou planche à voile découvrir la plage de l'autre côté, du côté de l'eau.
J'y ai aussi appris que la mort était l'issue de la vie : j'y ai enterré, les larmes dans les yeux, mon grand-père, découvrant au fond du caveau familial, le cercueil de mon oncle (ce héros), découvrant aussi avec surprise que sa date de mort conïncidait avec celle de mon entrée dans la vie. Il est des choses dont on ne parle pas. Il est des choses qu'il faut découvrir seul.
J'y ai amené le futur père de mes enfants, car j'aimais cet endroit. J'aurais peut-être dû me méfier, il n'aimait pas la plage ! Souvenirs de ballades aux pieds des falaises, de courses en ville chargés comme des baudets, nous n'avions pas de voiture. J'ai sillonné les routes de la région grâce à l'auto-école, j'ai échoué au permis... en grillant un feu le jour de l'examen : salaud de camion qui m'a induite en erreur en redémarrant trop tôt... Je me revois quelques centaines de mètres plus loin, me garant sur le bas-côté, les yeux au loin : "C'est raté, je crois ?"... "Oui" a répondu l'exminateur, "Dommage parce que vous conduisiez bien sinon..." Effectivement, je pouvais savoir suffisamment conduire : c'était mon troisième échec... Et ma quarantième heure ! Sur le coup, ça ne l'étais pas, mais aujourd'hui, je trouve cela drôle !
Là-bas, j'ai vu pour la première fois sur un écran grésillant un petit point clignotant : "C'est son coeur que vous voyez battre". J'y ai refait des pâtés de sable avec celui-ci devenu Primo, avec ses frangins plus tard. Deuxio a fait ses premiers pas sur le sol lisse du sable mouillé. J'ai couru derrière Tertio une main sur la selle de son premier vélo pour lui apprendre à voler de ses propres ailes. J'y ai aussi découvert la tristesse et l'insécurité des hôpitaux de province lorsque Deuxio dièse, ou Tertio bémol a décidé qu'il en resterait là...
C'est encore là que nous avons mis fin à notre vie familiale commune. Longue discussion de nuit au fond de ce jardin abassourdis l'un comme l'autre par l'extinction de nos sentiments. Larmes en perspective...
C'est encore là que j'ai pleinement goûté les plaisirs du célibat trentenaire, des amours de vacances qui parfois se poursuivent l'hiver suivant, qui d'autres fois se transforment en amitié, qui toujours sont merveilleux à vivre.
C'est enfin là que j'ai enterré ma grand-mère, avant-dernière marche entre moi et la mort. Cette maison qui porte presque mon nom, je croyais qu'un jour elle serait mienne. Les complications du partage de l'héritage ont fait qu'aujourd'hui, c'est chez ma cousine que je me rends lorsque j'y mets les pieds. Là-bas, j'ai appris qu'hériter d'une partie se conciliait avec la perte de l'usufruit d'un tout. Mais que les souvenirs que j'y ai construit n'appartiendront jamais qu'à moi.
Le soir, depuis des années, lorsque les autres sont couchés, je m'asseois sur les marches de la cuisine, j'écoute le ressac au loin, je regarde le vol incertain des chauves-souris, guette le hérisson, observe les étoiles dans le ciel obscurci par le ramage des pins. Je respire, je suis bien, et de ma personne surgit avec voluptué ce moi profond qui fait que je suis toujours bien celle-là.
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03.08.2006
Virtuel, vous avez dit virtuel ?
Il paraitrait, on entend dire, ça se veut comme ça... que les échanges via internet soit virtuels. Je l'ai moi aussi pensé avant d'y mettre les pieds. Mais j'ai changé de point de vue. Et aujourd'hui lorsqu'il m'arrive de dire que j'écris sur la toile, je lutte pour expliquer aux non-initiés que ce que je ressens pour ces individus "masqués" est tout sauf virtuel. Cela pose (ou repose en ce qui me concerne... puisque la matérialité d'une relation fait depuis assez longtemps partie des sujets sur lesquels j'aime me prendre la tête pelotonnée dans mes draps le soir en m'endormant, dans la tiédeur humide de mon bain, coincée dans le métro entre un coude gauche et une valise à roulettes, à 140 dans le flux effrayant des voitures en transhumance sur l'autoroute, et dans mille autres situations, mais là n'est pas le propos !) la question de savoir qu'est-ce qu'une relation en dehors de sentiments individuellement ressentis à la rencontre d'un autre qu'on ne connait et ne connaitra jamais totalement (c'est même sûrement cela qui en fait l'attrait d'ailleurs !), sentiments qui seront parfois exprimés, parfois partagés, parfois tus... Quels qu'ils soient, ils existent. Et je ne suis pas certaine que la connaissance visuelle d'une personne soit plus précisee que celle qui se construit via les mots qu'elle donne à lire. Il est sûrement inintéressant de hiérarchiser les choses.
Ce matin, j'allume mon ordi. Pas bien réveillée, pas envie d'écrire... Mais envie de l'ordi tout de même : 4 semaines d'abstinence justifie moralement cette boulimie ! Je file donc sur ludiclub, site de jeu en ligne qui permet de se taper le carton en plaisantant allègrement, site par lequel j'ai découvert il y a un peu plus d'un an la sphère relationnelle sur internet, période à laquelle je n'avais aucune envie de créer des vrais liens dans la vraie vie. Une petite coinche cachée derrière un pseudo convenait parfaitement à ce que je me sentais capable de mettre en jeu.
On peut pas dire que j'allais très bien dans la vraie vie. Ca ne se voyait pas trop du dehors : on apprend assez bien à masquer le dedans quand c'est trop le chantier pour préserver les autres, les vrais autres. Mais du dedans, c'était le vrai bordel : perdue entre un amant interdit, un ami-amant, un célibat somme toute assez rempli, mais le ras-le-bol d'être trop souvent seule pour m'endormir, ou partir en vacances, et tout le reste... Je ne savais absolument plus dans quelle direction je devais me diriger. Alors, je restais sur place... mais on s'enkylose assez vite sur place ! Comme remède : une petite belote, quelques blagues... Au delà de l'enfer du jeu, de fil en aiguille, j'y ai rencontré mon premier internaute... "Virtuellement", j'entends ! Whaou, comme ça faisait du bien d'attendre un mail, d'avoir envie de répondre, d'avoir l'impression d'être entendue, d'avoir des choses à dire, des expériences à raconter... Bref de ne pas avoir peur de rencontrer, de se donner et de recevoir. Les sentiments perçus à cette période, je ne peux me résoudre à les définir comme virtuels... Mon corps les vivaient réellement, ça c'est sûr !
Au moment où je crois que j'allais le plus mal : à l'aube de vacances que je n'arrivais à remplir de projet, j'ai échangé avec un qui a su me remettre en selle. Pas lui directement, mais ses mots, courroie de transmission de ses idées. Lui non plus n'était pas au mieux de sa forme... je suis certaine que l'un comme l'autre nous nous sommes apporté beaucoup : laisser de côté un instants sa petite vie chaotique pour s'intéresser à celle d'un autre nous a éminemment fait du bien. Bien sûr, dans le désarroi dans lequel je me trouvais, si surprise aussi d'éprouver aussi facilement du plaisir dans la rencontre, je me suis mise à penser que cette relation pourrait (et même devrait) être vraie, réelle, concrète dans le temps et dans l'espace... Qu'elle allait se rapprocher de celles que jusque-là j'avais connues... Qu'on trouverait dans le temps des vacances un instant pour partager une bière ou deux, et nos points de vues sur le monde.
Et puis non... Tout s'est arrêté aussi brusquement que cela avait commencé. Tout d'un coup plus de nouvelles, plus de réponses à mes missives. Stop. Point-barre. Un peu douloureux tout d'abord, il faut tout de même que j'ai l'honnêteté de le reconnaître, mais j'ai vite compris qu'internet permettait cela : une relation très sincère sûrement, mais absolument pas contraignante... que le corollaire en était l'acceptation à priori de la rupture sans préavis.
Suite à cette expérience, qui avait su me remettre sur le chemin de la vie, ou plutôt qui avait su me redonner envie de faire coïncider mon chemin avec celui d'incertains autruis, j'ai ouvert mon blog. Mon sous-titre "elle est derrière son écran", choisi inconsiemment dans l'euphorie spécifique aux instants de découverte d'une nouvelle activité, rappelle, je crois, cette mise en garde : tout peut-être dit, lu, ressenti, vécu... Il n'en reste pas moins que nous sommes chacun bien protégés derrière nos écrans. Et tant mieux !
Ce matin, donc... Me revoici sur ludiclub... Et voilà t-il pas que bio y est aussi... Un an que je n'avais eu de ses nouvelles. Non, les sensations que j'ai éprouvées à l'affichage sur mon écran de ces trois petites lettres vertes n'avaient à nouveau rien de virtuel. J'ai hésité une demie-seconde avant de me signaler à lui... Comme une vieille connaissance qu'on aperçoit sur le trottoir en face. Une petite hésitation avant de traverser la rue. Toute petite. Non, je n'avais aucune raison de ne pas lui faire signe, car aucune rancoeur vis à vis de sa brusque disparition. Lorsqu'on aime jouer, il faut savoir accepter les règles du jeu... Sinon on est mauvais joueur !
Je ne sais s'il me fera signe en retour, je lui en est laissé la possibilité, lui signalant ce texte écrit au fond de la serre du jardin botanique de Barcelone. Quoiqu'il en soit sa rencontre toute virtuelle qu'elle a toujours été a su me faire du bien, et conduire ma vie réelle vers du mieux l'année dernière, a su me réjouir un instant ce matin... Que du bon !
Et je ne me résigne pas à y voir du virtuel... pas plus que lorsque je vous lis, que vos mots résonnent chez moi !
19:14 Publié dans pas d'histoire, je pense donc... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.08.2006
un petit tour et puis voilà
Me revoici à Paname, peut-être pas pour longtemps, quelques jours sûrement, peut-être le temps de quelques récits d'aventures.
Retour sans faille : autoroute chargé mais fluide comme ils disent. Il reste le moins agréable : monter les bagages dans l'appart : cinquième sans ascenseur, même sans canicule ce n'est pas très drôle. En général je largue marmaille et bordel sur le trottoir, et les uns se chargent de hisser les autres au cinquième pendant que je sillonne les environs à la recherche d'une place... Mais cette fois-ci point de petits nains pour m'aider (un tiers coule des jours heureux en Grèce pendant que le reste est en stand-by dans le sud-ouest en attendant un futur départ avec leur père pour Barcelone... Ils ne s'emmerdent pas les nains, soit dit en passant !)... Je gare mon carrosse à 200 m de la maison au bas mot !
Et me voilà partie pour deux allers-retours. En me chargeant comme un baudet, je devrais m'éviter une troisième ascension jusqu'à mon petit nid. hauts les coeurs, c'est parti !
Lors du deuxième voyage, j'aperçois un couple de typiques demoiselles vêtues de bleu, calepin à la main. Elles papillonnent et devisent gaiement autour des voitures. Je m'incruste, un sac sur le dos, une tente dans la main droite, un duvet dans la gauche :
"Heu, excusez-moi... ce n'est pas gratuit en août ?
- Ah non, pas cette rue...
- Aaah... Heu, je suis garée un peu plus bas, entrain de décharger ma voiture, je ne savais pas que c'était payant, je n'ai pas mis de sous dans l'horodateur...
- Un peu plus bas, c'est payant aussi, mais c'est pas mon secteur.
- Aaah... Et on fait comment pour savoir si une rue est payante ou non ?
- On lit sur l'horodateur, c'est écrit dessus.
- D'accord... Merci..."
Je ne la regarde plus, les yeux dans le vague, je m'imagine roulant à deux à l'heure à la recherche d'une place, descendant à chaque horodateur pour lire ce qui est écrit dessus... Jetant un regard d'excuse et un sourire à l'automobliste parisien qui lui m'enverra l'orage !
Je franchis pour la seconde fois la porte de mon antre... Je croyais en avoir fini, pouvoir prendre un bain au son de la machine à laver... Mais non, j'allume l'ordi, à la recherche de l'index des rues gratuites... J'aimerais vraiment m'éviter la prune, moi qui me suis appliquée toutes les vacances à respecter les limitations de vitesse ! Au bout de dix minutes, magique internet !, je redescends gaiement l'escalier avec la liste des rues payantes de mon arrondissement : par déduction, les autres ne le sont pas !
Retour à la voiture. Endiamo !
Je cherche une place!
Tout autour du Chat Noir
Et du Chat Noir !
Et au clair de la lune
A Montmartre, ce soir
Après quelques quarts d'heure (juste deux en fait !) et une visite complète de la Butte, la voici qui s'offre à moi... Une belle grande place, tout en haut de la Butte alors que j'habite tout en bas, mais ce n'est pas grave : quatre semaines que je n'ai pas mis les pieds dans mon quartier, j'aime bien m'y ballader... L'idée de ne pas avoir à me lever demain matin pour mettre des sous dans la machine finit de me réjouir. Je dévalle la pente d'un air guilleret, observant les parisiens avec plaisir.
Retour devant ma boîte aux lettres, cette fois-ci je peux l'ouvrir, j'ai les bras vides... Et je réalise cruellement que mes mains sont vides, elles aussi... Comme mes poches : les clefs de chez moi, je les ai négligement jetées sur le siège passager... Elles sont en haut de la Butte...
Si mes loulous étaient par là, ils m'auraient dit : "Boulet !" Et z'auraient pas eu tord !
Demain je renvoie la voiture en banlieue chez sa mère (et la mienne par la même occasion !)... Une bagnole à Paris c'est vraiment impossible ! En plus dans la boîte aux lettres, j'ai trouvé les cartes FN (Familles Nombreuses), commandées depuis deux mois, à moi les joies des transports en commun sans tricher !
En attendant, j'ai franchis pour la troisième fois les portes de mon appart, j'ai fait couler mon bain, j'ai lancé la machine... Et je suis venue lire tous ceux qui étaient encore là ces derniers jours, avide de vos nouvelles, de vos histoires... Vous m'avez un peu manqué tout de même les uns et les autres... Mais il était bon de décoller, de se coucher sur le sable, de se rouler dans les vagues. De laisser s'immiscer au coeur de ses lectures mille grains venus d'ailleurs. Et de plein d'autres choses !
Donc plein d'histoires à raconter ! Peut-être prendrais-je le temps de les écrire !
20:25 Publié dans histoires au présent | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
















